On garde les yeux ouverts pour plusieurs raisons lorsque l’on pratique la méditation. D’abord, l’on a moins tendance à somnoler. Ensuite, la méditation n’est pas un moyen de fuir le monde, ou de s’en échapper par le biais de l’expérience extatique d’un état de conscience altéré. C’est, au contraire, un moyen direct pour nous aider à nous comprendre véritablement, et à nous relier à la vie et à l’univers.


C’est pourquoi, dans la méditation, vous gardez les yeux ouverts. Au lieu de vous couper de la vie, vous demeurez réceptif, en paix avec toute chose. Vos sens - l’ouïe, la vue, le toucher - demeurent naturellement en éveil, tels qu’ils sont, sans que vous poursuiviez leurs perceptions.
Quoi que vous voyiez ou entendiez, ne vous y attachez pas, laissez-le tel quel. Laissez l’ouïe dans l’ouïe, la vue dans la vue, sans permettre à la saisie dualiste d’infiltrer vos perceptions.

Sogyal Rinpoché, extrait du chapitre 5 du ‘Livre tibétain de la vie et de la mort’

Périodes difficiles

Les circonstances où vous souffrez peuvent être celles où vous êtes le plus ouvert, et votre point de plus grande vulnérabilité peut être, en réalité, le lieu de votre plus grande force.
Dites-vous par conséquent : « je ne vais pas essayer de me dérober à cette souffrance. Je vais l’employer de la manière la meilleure et la plus féconde possible, afin de grandir en compassion et de devenir plus utile à autrui. »
Sogyal Rinpoché – Livre tibétain de la vie et de la mort

Ces derniers temps j’ai été confrontée à des circonstances extérieures vraiment difficiles.

Comme ces difficultés sont en rapport avec la famille, elles sont propices à faire s’élever toutes sortes d’émotions diverses et contradictoires. Les sentiments de rancune se mêlent au pardon. Les souvenirs reprennent le dessus avec leurs armada de tristesse, de mélancolie et parfois un peu de joie (mais pas beaucoup) .

Les circonstances étaient telles que je ne pouvais pas faire autrement que d’y faire face.  C’était ça ou laisser tout s’empirer…

Dans ces temps un peu compliqués, il est même difficile de méditer. Alors je lis beaucoup. Je lis des enseignements qui, quelque part, méditent pour moi…

Je me rappelle leur sagesse et que les situations quelles qu’elles soient finissent toujours par se débloquer car le changement perpétuel leur est inhérent. Cela me calme et me rend plus sereine donc plus avisée. Surtout moins encline à me dérober …

Le livre “Plaidoyer pour le Bonheur” de Matthieu Ricard traverse avec moi cette période en ce moment. Et je dirais qu’il me “sauve” de bien des désagréments…


Isa

 “Entretenez donc envers vos pensées et vos émotions une attitude      bienveillante, ouverte et généreuse, car vos pensées      sont en fait votre famille, la famille de votre esprit. Dudjom Rinpoché      avait coutume de dire : « Soyez à leur égard comme un      vieil homme sage qui regarde jouer un enfant. »” Sogyal Rinpoche , Le livre Tibétain de la Vie et de la Mort. Photo : image Vladstudio.
Ce dessin me fait penser à cet “espace” entre moi et mes pensées en méditation ou parfois dans la vie de tous les jours , quand je suis attentive… 
Isabelle
Haute résolution

“Entretenez donc envers vos pensées et vos émotions une attitude bienveillante, ouverte et généreuse, car vos pensées sont en fait votre famille, la famille de votre esprit. Dudjom Rinpoché avait coutume de dire : « Soyez à leur égard comme un vieil homme sage qui regarde jouer un enfant. »” Sogyal Rinpoche , Le livre Tibétain de la Vie et de la Mort. Photo : image Vladstudio.

Ce dessin me fait penser à cet “espace” entre moi et mes pensées en méditation ou parfois dans la vie de tous les jours , quand je suis attentive…

Isabelle


L’énergie tumultueuse

Voici un passage du “Livre Tibétain de la vie et de la mort” de Sogyal Rinpoche qui m’aide beaucoup quotidiennement et auquel je pense le plus souvent quand parfois des pensées et des émotion un peu “difficiles” surgissent :

“le pratiquant découvre alors - et c’est là une vue révolutionnaire dont la finesse et la puissance ne peuvent être surestimées - que non seulement ses émotions violentes ne l’emportent plus inexorablement, ne l’entrainent plus dans le tourbillon de ses névroses, mais qu’il peut même les utiliser réellement pour approfondir, enhardir, vivifier et renforcer rigpa. L’énergie tumultueuse devient le matériau brut de l’énergie éveillée de rigpa. Plus l’émotion est forte et arddente, plus rigpa est renforcé (…) “

Isabelle

Gardez les yeux ouverts !

Dans les enseignements Dzogchen, il est dit que votre méditation et votre regard devraient être vastes comme l’étendue de l’océan : ouverts, sans limite, embrassant tout. De même que votre Vue et votre posture sont inséparables, ainsi votre méditation inspire-t-elle votre regard. Ils se fondent l’un dans l’autre et deviennent un.

—Sogyal Rinpoché, Le Livre tibétain de la vie et de la mort